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Tu peux retirer ta cape! Personne ne t’exige d’être Super Woman

Super pouvoir d’une société ou malaise féminin du siècle? Chose certaine, vivre avec le sentiment de devoir être parfaite dans toutes les sphères de sa vie n’est pas sans conséquence sur le bien-être physique et psychologique. Réflexion sur la réalité quotidienne de la femme moderne débordée qui n’en fait pourtant jamais assez.

On t’a appris à être plus, à faire plus, à donner plus. On t’a valorisée pour ta job de rêve, ta maison impeccable, ta perte de poids disciplinée, ton look dernière tendance, ton couple qui entretient la flamme. On t’a adulée devant ta première réalisation de gâteau Pinterest et la décoration thématique associée lors de la fête de ton petit dernier. On t’a demandé à maintes reprises comment tu réussissais à être aussi parfaite sans jamais avoir l’air fatiguée.

Mais toi, t’es-tu déjà demandé pourquoi tu en faisais autant? As-tu pensé prendre un pas de recul pour observer la femme parfaite que tu incarnes? Cette image que tu as construite au cumul des accomplissements de la perfectionniste en toi.

Parce que ce masque d’héroïne que tu revêts chaque jour, il est peut-être juste une simple parure pour t’aider à oublier toute la culpabilité que tu ressens à être à la fois partout et nulle part. Une façon d’oublier ce feeling qui te ronge de l'intérieur. Tu sais, celui qui est apparu au moment même où tu as accepté d’être à la hauteur d’une journée de deux shifts.

Sache que tu n’es pas seule à ressentir ce malaise issu d’une vie mouvementée où l’on valorise et entretien ce « complexe de Super Woman ».[1] Nombreuses sont les femmes qui cherchent un mélange d’énergie, de force et de confiance dans cette figure associée à la puissance féminine.

La vraie Wonder Woman n’avait peut-être pas d’enfants à éduquer, ni de to-do-list à accomplir ou de maison à entretenir, mais elle avait, elle aussi, endossé le standard de la double journée!

Or, en acceptant de croire qu’un rôle de super héroïne nous permettrait d’assurer le quotidien à la perfection, on est devenue toute une génération de femmes à adopter cette tendance à la surperformance et cette motivation insatiable pour l’atteinte de nos exigences inaccessibles.

On a tellement misé sur notre capacité à manager, qu’on a repoussé le droit à l’accomplissement individuellement à la toute fin de notre liste. Ce temps réservé pour soi est devenu un luxe atteignable qu’à condition d’avoir satisfait à nos « obligations » sans fin. Et comme tout n’est jamais fait, et rien de ce qui est fait ne l’est à la perfection, on finit toujours par retrouver cette culpabilité associée à l’idée de s’offrir un moment de self-care.

Sache qu’il vient un moment. Ce jour tant attendu, où épuisée, tu te sens enfin prête à retirer ta cape, à croiser ta vérité sur le chemin de la réalité. Un timing parfait où ton esprit se défait de toute tendance à la comparaison pour s’ouvrir à l’idée d’une génération de femmes capable de s’abstenir de la critique et prête à trouver sa force dans l’acceptation de la diversité du groupe.

C’est là que ça te frappe en plein visage. Faisant tomber le masque que tu as porté pendant déjà trop d’années. C’est là que tu réalises. Que tu comprends. De cette journée où tu parviens à poser ce nouveau regard de non-jugement sur la vie des autres, tu te donnes enfin cette chance de t’accepter toi-même. Dès lors, la magnifique Woman qui sommeillait en toi prend enfin SA place.

Cette femme sans prétention, qui désire ÊTRE avant de PARAÎTRE, reçoit le réel super pouvoir qui émerge de l’unicité de sa personne. Elle trouve sa voie dans un quotidien normal, son bien-être dans un mode de vie slow living, sa fierté dans l’accomplissement des projets qu’elle refuse désormais de laisser mourir dans le grand album des rêves. En redéfinissant le qualificatif Wonder à sa façon, la femme moderne ne peut que faire tomber la pression sociale qui l’envahissait. Elle peut enfin vivre heureuse, librement, et satisfaite de faire de son mieux, donc toujours juste assez!

 

 

Karine 

 

 

 

[1] Judith Serrin, Superwoman complex a pain in the ego, Boca Raton News, 07-28-1976

Crédit photo : https://mummytime.co/mum-speak/mum-guilt-and-the-superwoman-complex/


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